21.04.09
L’aéromodélisme prend des airs de plus en plus écolos
Article de la 24H du mercredi 15 avril 2009
GLAND - Plus d’odeurs de carburant ni de vrombissements intempestifs. L’aéromodélisme devient écolo et se met à la portée de toutes les bourses. Rencontre avec un passionné.
EUGÉNIA KUMMER
Au printemps les hirondelles ne sont pas seules à débarquer dans le ciel. Il y a aussi une nuée de petits avions, répliques exactes d’aéronefs de plaisance ou de combat. Ils se font de plus en plus discrets et silencieux, car l’ère de la propulsion électrique est arrivée. Le Glandois Roland Guignard, un vrai mordu, s’y est rallié avec passion, attiré par l’absence de nuisances sonores.
Ex-pilote de planeur, ses quarante années d’aéromodélisme lui ont permis de partager son savoir avec bon nombre de novices, et de courir les meetings. Nul besoin de fréquenter un club pour voler, on peut s’éclater en toute liberté, n’importe où. «C’est une maladie d’enfance! En classe, je me faisais sortir car je confectionnais et lançais des avions en papier. Je n’ai construit mon premier avion, un planeur lancement main, avec radio deux directions, qu’à l’âge de 20 ans. » Quand Roland Guignard se promène, c’est toujours le nez en l’air. Et sur son balcon, les jumelles sont toujours à portée de main, pour observer les oiseaux. «Nous apprenons énormément en les observant. »
Mais pourquoi donc celui qui a déjà construit une soixantaine d’avions, celui qui passait une année à réaliser une copie exacte de 3,20 m d’envergure, celui qui attendait avec impatience le printemps pour ses premiers essais, apprécie-t-il aujourd’hui de faire voler un avion tout fait, en Elapor, sorte de mousse polystyrène de haute densité et très solide?
Légers et moins chers
«L’aspect financier n’est pas négligeable. Avant, il fallait compter des milliers de francs pour réaliser un avion. Aujourd’hui, on trouve un engin électrique à partir de 200 francs. Il vous arrive tout construit et hop, vous êtes sur le terrain!» s’exclame le pilote. Plus de désagréments sonores, plus de mains crasseuses, plus de dangers dus aux mélanges de carburants, plus de flaques d’huile, plus de problèmes de mise en marche ni de risque de se prendre les doigts dans une hélice. «Les avions sont légers parce qu’on a gagné sur les moteurs, l’accu est branché et l’avion prend son envol. Le plaisir à piloter reste intact et les machines atteignent facilement 100 km/h (200 km/h pour les F/A-18). Le gros avantage, c’est de pouvoir s’entraîner en salle l’hiver avec des avions de 20 cm et moins. » Le monde de l’aéromodélisme a viré écolo et a pris un nouvel élan grâce au simulateur de vol. «Avant, il fallait compter environ trois saisons pour former un pilote. Nous avions les doubles commandes et étions tributaires de la météo pour les entraînements. Maintenant, grâce au simulateur, si on travaille dur pendant l’hiver, on vole déjà au printemps», se réjouit Roland Guignard, qui a passé le virus à Daniel Antonietti, qui ne serait jamais venu à l’aéromodélisme sans les avantages des engins électriques.
















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